Il s'appelait Kevin. Samedi il a été la victime innocente d'un accident de la route. Hier, la grande foule a assisté à ses funérailles, à Corroy-le-Château.
Ch aque fois que des jeunes sont injustement arrachés à la vie, leurs funérailles sont poignantes d'émotion et les églises trop petites. L'aurevoir à Kevin, hier matin, à Corroy-le-Château, bien que pétri de douleur, n'en a pas moins été riche d'espérance et d'amitié. La mort impose toujours une trêve dans le fracas de la vie. Hier, en la petite église Saint-Lambert de Corroy, les amis de Kevin sont venus nombreux, pour entourer ses parents éplorés et lui dire combien ils l'aimaient et ne l'oublierons pas.
À l'entame de la cérémonie, l'abbé Ferard a invité l'assemblée à entreprendre un chantier «qui ne devrait jamais s'arrêter» : d'abord, rendre un hommage unanime et profond à Kevin, qui est parti mais «qui reste présent en chacun de nos coeurs». Ensuite, soutenir ses parents, sa famille, ses proches «et les aider à vivre le vide et l'absence de Kevin». Enfin, si vous le pouvez encore a dit l'abbé Ferard, appeler sur la peine qui nous étreint l'espérance, la compréhension de Dieu, sa proximité et son amour. Un peu plus tard, à travers son homélie, le célébrant déclarait : «La force de l'amour et de l'amitié, devant la mort de Kevin, peut paraître bien dérisoire, comme si on voulait se battre contre un mur de béton. Nous serions tentés de nous résigner, de dire : à quoi, bon! Or, le message de Dieu, tout au long de sa vie, a été un cri de protestation contre toute résignation, y compris celle qui paraît fatale : la résignation devant la mort.»
Son rire et sa grosse voix
Le prêtre a évoqué Kevin, le garçon souriant, discret, accueillant, qui réagissait avec une certaine nonchalance. «Je le rencontrais parfois dans le village avec son copain Pierre et leur skateboard et ils me saluaient gentiment. Nous avons des milliers de souvenirs de Kevin. C'est dans cette église qu'il a fait sa profession de foi, en mai 2003».
Ses amis de l'Institut Saint-Guibert lui ont aussi rendu un touchant hommage public : «Kevin était un gars extraordinaire, réservé, poli, souriant, avec beaucoup d'humour au second degré, calme en toute circonstance et toujours serviable. Il aimait la pêche, le rock et son skate. On se souviendra de lui pour ses goûts musicaux variés, ses coupes de cheveux tout aussi variées, son rire, sa grosse voix et sa démarche nonchalante.» Et Nicolas de conclure : «Il aurait aimé participer au voyage de rhétos et réussir brillamment sa qualif'. Nous nous engageons, nous ses amis, à réussir la nôtre, pour lui.» L'assemblée, tout au long de la cérémonie, a prié. Prié devant l'absurdité de la mort et la douleur lancinante de l'absence. Prié pour ses parents. «Aide-nous à ne pas nous épuiser à te retenir dans un passé qui n'est plus».
Kevin est mort dans la nuit de samedi, vers 2h55 du matin, fracassé par un capot de voiture sur une petite route obscure de la campagne gembloutoise. Ceux qui cheminaient avec lui lors de cette nuit tragique et qui en ont réchappé avec des blessures, étaient aussi présents à ses funérailles. Et leur visage semblait dire : Pourquoi Kevin? Pourquoi nous?
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